Le billet du Syndic

Quel avenir pour notre (nos) commune(s) ?

L’année 2020 se termine dans le même ordre d’idée qu’elle avait commencé, accompagnée de restrictions de liberté, sociales et forcément économiques. Elle restera probablement dans les mémoires de beaucoup, même si nous aimerions l’oublier au plus vite, laissant des traces parfois profondes au niveau des entreprises, des sociétés à but non-lucratif ou des familles.

A l’échelon communal, elle aura aussi bousculé les habitudes. Mise en place des mesures préconisées, chamboulement des calendriers, rendez-vous en visio-conférence ou développement du télétravail… Cela devrait probablement entraîner l’accélération de processus de plus en plus informatisés, du courrier aux archives, en passant par les séances ou la récolte de données.

Encore difficilement mesurables à l’heure actuelle, les rentrées financières communales devraient aussi être impactées de manière négative pour les années à venir. Si j’ajoute à cela un accord décevant entre le canton et les communes sur un rééquilibrage de la facture sociale, je m’inquiète sérieusement sur l’avenir d’entités comme la nôtre, ne dégageant plus assez de marge pour développer des projets d’avenir.

Etranglée par des coûts sur lesquels nous n’avons aucune maîtrise, alimentant des mesures de soutien dont nous ne sommes que de petits consommateurs, parfois en difficulté face à des procédures de plus en plus complexes et une administration d’une grande lourdeur, notre commune se doit de procéder à quelques réflexions sur son avenir.

Les budgets des dernières années montrent des charges compressées, tout au moins celles sur lesquelles nous avons une marge de manœuvre. Les revenus restent plutôt stables, alimentés par une fiscalité globale que je considère toujours assez avantageuse pour notre région. Se pose également la question d’un regroupement des forces, probablement imaginé de manière trop ambitieuse à l’époque, mais dont on pourrait dessiner de nouveaux contours aujourd’hui. Si cela procurerait une assise financière plus solide, des investissements probablement mieux ciblés ou une certaine professionnalisation de l’exécutif et de l’administration, j’y vois aussi une perte de proximité, un bon sens définitivement enterré et un fonctionnement relativement simple et bon marché s’envoler à tout jamais.

Je ne suis plus aussi certain que je m’engagerais aujourd’hui comme je l’avais fait en 2014 pour promouvoir un tel projet. Ce genre de décision ou plutôt d’intention doit aujourd’hui venir d’une jeunesse active et engagée (je pense par exemple à la tranche des 20-40 ans) que je souhaite voir se mobiliser afin d’influer sur l’avenir administratif, financier et social qu’elle souhaite pour notre commune. La période actuelle n’est clairement pas bonne conseillère et il faut garder le recul nécessaire, mais une profonde réflexion doit maintenant s’amorcer.

Parallèlement à cela, vous trouverez dans ce journal les positions de chacun des membres de l'exécutif au sujet de la prochaine législature. Je profite de remercier tous mes collègues pour le travail effectué dans des conditions collégiales et détendues, soutenus que nous sommes par une administration efficace, serviable et compréhensive. Au nom de l'ensemble de ces personnes, je vous souhaite une fin d’année, si ce n’est festive, douce et agréable, permettant de dégager du temps pour soi et ses proches.

 

Stéphane Jordan